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05-31-12, 10:45 AM
Anime Relations: Project ARMS
GAR trahit son origine américaine. Si on peux trouver des courants homosexuels sous-jacents à l'admiration virile, il faut cependant nuancer l'usage culturel qui en est fait, notamment par sa valeur introjective de modèle. S'il y a bien investissement de libido dans le choix d'objet, les mécanismes libidiques impliquant le moi nous paraissent différer, ne serait-ce que par les différents effets qu'ils induisent sur le comportement. Ce que ne fait pas gar. Coquille pour « gay », gar induit un émoi sexuel pour des figures masculines (alors qu'on aurait moins du mal à accepter un émoi érogène), se traduisant par une attitude uke je cite « Watching all those men made you feel like a little girl… and you liked it ». L'introjection supposant des rapports entre égaux, il semble plus juste de considérer que le gar permet la projection d'un idéal du moi plutôt que l'identification avec le partenaire sexuel de l'autre, ici « a little girl », choix permutatif en lui-même non-innocent. Et ce fait est révélateur de la psyché américaine pour plusieurs raisons.

Elle montre d'abord combien régressive est la psychologie moyenne américaine, en identifiant deux comportements sous prétexte qu'ils ont un objet commun, alors qu'en toute bonne foi, les deux phénomènes doivent être désentrelacés. On pourrait croire qu'il s'agit ici de combattre les effets pervers du focus sur l'homo-objet, tels qu'ils se retrouvent dans les fascismes par exemples. Mais on sait combien les USA sont par ailleurs séduits par ce genre d'idéologies. Il faut donc rechercher l'assimilation du gar au gay dans un jugement de valeur négatif qu'on dira par commodité féministe (au mauvais sens du terme). Car plus qu'une simple culpabilité, ce jugement traduit un regard extérieur qui l'étiquette comme pervers – car on sait que pour le pervers, son propre comportement lui apparaît comme normal, quand bien même il y aurait culpabilité.

Or le comportement en question ne peut pas être dit pervers au sens clinique du terme; un tel jugement trouve donc son origine dans une faction ayant tendance à dévaloriser l'homme, faction qu'on identifiera sans peine à la culture électronique américaine -- où les fagets et niggaz font bon ménage. Le plus étrange dans cette culture est la suppression des valeurs positives: l'accès à l'existence se fait par la négation de l'autre. Et conséquences encore plus étranges: d'une part par réflexivité les catégories d'homosexuels et d'utilisateurs deviennent équivalentes. Et enfin les mots ne servant plus à décrire le réel, ils sont simplement vidé de leur contenu pour devenir insignifiant. Par suite, tout vocable populaire (type troll, swag) tendra à perdre son sens pour devenir une sorte de profération fantasmatique. Et encore par suite, seul un fort individualisme permettrait d'échapper à la déformation du réel par le groupe, mais en retour elle invite encore plus de négation de l'autre, rendant ainsi le cercle sans fin.

Pour ces raisons, il est difficile de souscrire aux implications à l'origine du mot gar; mais sa valeur d'usage est telle, probablement car le sens normal que nous avons suggéré y prédomine sur le sens pervers, qu'il serait bien futile de ne pas l'employer.
Posted by EratiK | 05-31-12, 10:45 AM | Add a comment
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